Paul Orsoni de ATIA nous raconte l’impact de la covid-19 sur le projets de développement :

“L’épidémie et les confinements qui en ont résulté ont eu un fort impact sur nos activités.

Malheureusement, pour les familles des bidonvilles, les restrictions imposées par les gouvernements ont été catastrophiques : le remède a été bien pire que le mal. Ces familles se sont en effet retrouvées piégées dans des lieux insalubres et surpeuplés du jour au lendemain, et sans capacité de travailler et donc de subvenir à leurs besoins quotidiens. C’est en Inde et au Bangladesh que les conditions ont été (et sont toujours) les plus difficiles.

Devant l’impossibilité de rendre visite aux familles ou d’organiser des activités de groupe, nos équipes et celles des partenaires locaux se sont adaptés pour arriver à répondre aux besoins prioritaires des familles les plus pauvres :

  • En procédant à des distributions de produits de première nécessité quand l’aide publique n’arrivait pas
  • En maintenant les agences de quartier ouvertes quand c’était possible, pour que les familles conservent l’accès à leur épargne, et à un lieu où elles puissent obtenir des informations et des conseils
  • En fabriquant et en diffusant des masques
  • En orientant les familles par téléphone, notamment en cas de problème de santé, ou pour les aider à obtenir une carte de rationnement…

Il faut garder en tête que les populations dans nos pays d’intervention sont beaucoup plus jeunes qu’en Europe. On peut donc espérer que les pays pauvres ne connaissent pas autant de morts que dans nos pays plus développés et plus âgés. Par contre, les conséquences du confinement sont dramatiques pour les familles pauvres, d’un point de vue économique, social, scolaire, mais aussi d’un point de vue santé publique, de nombreux programmes sanitaires ayant été très perturbés voire interrompus (vaccination, lutte contre la tuberculose etc.).

Alors même que beaucoup de nos financements sont remis en question à cause de la crise économique en Europe, les besoins dans les pays pauvres ont fortement augmenté. C’est maintenant qu’il faut répondre à ces besoins, et aider les familles les plus durement touchées par les confinements à relancer leurs activités génératrices de revenus et à avoir accès aux services publics (vaccination, scolarisation, état civil…).”

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